• Dominique H. contre un député raccourcisseur...

    A l'attention de M. Bernard Brochand, député UMP des Alpes-Maritimes, maire de Cannes.
    Monsieur le Député,
    J'ai lu dans la presse que vous faisiez partie des 47 signataires d'une proposition de loi (N°1521), déposée le 8 avril à la présidence de l'Assemblée nationale, et "tendant à rétablir la peine de mort pour les auteurs d'actes de terrorisme.
    Cette initiative s'imposait.
    Il est en effet inadmissible que n'importe qui puisse se harnacher d'explosifs et aller se faire sauter dans un bus, dans un train, dans la rue, en semant les cadavres derrière lui, sans qu'il ne sache auparavant ce qu'il risque s'il est pris sur le fait.
    Heureusement, ces actes inconsidérés, qui défient la raison humaine, ne sont pas encore monnaie courante dans notre beau pays, ce qu'à Dieu ne plaise ! Seuls, pour le moment, quelques contrées, dont l'Espagne, Israël, l'Irak, en ont subi les effets : mais la politique qui régente ou a régenté jusqu'à ces temps derniers leur existence en est sûrement une explication claire (sans vouloir polémiquer avec MM. José Maria Aznar, Ariel Sharon et Saddam Hussein)
    Donner un signal fort, par principe de précaution, à tous ceux qui seraient tentés d'agresser la République française, dont vous êtes un indéniable représentant ès qualités, apparaît ainsi, grâce à votre proposition commune récente, comme une mesure de salubrité publique d'urgence.
    Le terrorisme ne peut être toléré : c'est une torture infligée à la démocratie.
    Devons-nous suivre le malencontreux exemple des services de renseignement américains à la prison irakienne de Abou Ghraib ? Il ne s'agit heureusement que d'une infime minorité mais celle-ci porte un mauvais coup à l'oeuvre émancipatrice des troupes envoyées par George W. Bush pour défaire l'ancien dictateur moustachu qui a sévi sur les rives du Tigre et de l'Euphrate.
    En France, mieux vaut prévenir que guérir.
    Notre arsenal législatif concernant la peine de mort remonte, comme vous le savez, au 9 octobre 1981 avec la promulgation de la loi abolitionniste, portée sur les fonts baptismaux par Robert Badinter, qui confondit cette année-là, dans un élan lyrique et grotesque, l'enceinte de l'Assemblée nationale avec un prétoire de Cour d'assises.
    Or, tout le monde le sait : les Français restent attachés à la peine de mort, qu'un épisode politique circonstanciel fit passer à la trappe. Pourquoi réserver une certaine clémence (prison à perpétuité avec années de prison incompressibles) à ceux qui n'en éprouvent jamais pour leurs futures victimes, la plupart du temps, comme par hasard, des civils, des innocents, des femmes, des enfants ?
    En tant qu'ancien publicitaire fort connu pour ses réalisations pleines d'humour et d'à-propos, et en tant que député des Alpes-Maritimes (un département qui sait ce que l'immigration incontrôlée et donc l'insécurité croissante, notamment pour les personnes âgées, signifie !), il était normal que vous vous joigniez à vos 46 autres collègues pour réclamer le retour à une justice que certaines belles âmes dites “de gauche "osent qualifier, de manière honteuse, d'”expéditive"...
    Mais c'est surtout en tant que maire de Cannes, là où le fameux festival de Cannes va se dérouler prochainement, que vous avez bien fait de vous engager dans ce travelling moral.

    Car imaginez que des “intermittents du spectacle” (sortes de “terroristes culturels” en herbe) décident d'actions visant à paralyser cette cérémonie internationale (il est déjà rassurant que le film de Michael Moore, “Fahrenheit 911”, ne soit pas autorisé à être diffusé, semble-t-il, lors de la manifestation, car il s'agit d'une grossière charge contre le président des Etats-Unis d'Amérique) : il serait alors opportun de sévir avec la fermeté qui s'impose !
    Si la peine de mort existait, il n'y aurait plus d'intermittence dans les décisions politiques : la sentence tomberait immédiatement, en même temps que la tête de l'artiste ou du technicien, dans le panier de son !
    Sachez, Monsieur le Député, que les Français comptent sur vous et votre engagement volontariste pour rétablir un “châtiment” qui a montré son efficacité en instaurant, de manière radicale, l'absence de sursis ou de repentance du responsable d'actes terroristes.
    Et s'il s'agissait d'un "kamikaze", comme certains s'amusent à le souligner ? Eh bien, s'il ne craint pas la mort, ses frères, ses cousins, ses amis comprendront, avant que de se jeter dans une entreprise sanglante, qu'ils risquent la peine capitale... avant même d'avoir pu la donner !
    C'est pourquoi la police anti-terroriste, maintenant sous les ordres d'un homme à la vision claire sur le plan international, doit obtenir tous les moyens nécessaires pour capturer avant leur forfait les terroristes et les déférer à la justice qui fera, comme le bourreau redevenu enfin un métier ne souffrant pas l'opprobre général, son office.
    Je souhaite donc vous féliciter et espère que votre démarche législative recueillera l'approbation du Parlement grâce à une majorité de députés et sénateurs acquis, dans le fond de leur coeur, à votre cause légitime et humaniste !
    D.H

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